jeudi 19 décembre 2013

En écart d’elle
Le pardon
N’est plus hors de portée.

Puérile
Je cherchais
Des pierres sous les ciseaux.

C’en est fini des jeux
Les mains sont rentrées
Dans leurs ongles.

Dans les chaumières
L’âtre hideux rit
Pendant le repas de midi.

JoH




samedi 17 août 2013

Cela suffit

Cela suffit, 
je ne veux plus apprendre.
J'ai pris déjà
ce qu'il me fallait prendre.
Maintenant je me tais et je passe la main.

Nous avons devant nous tant de jours incertains
qu'il vaut mieux se terrer
dans les vieux pâturages
sous la haie d'aubépine
à l'abri, à l'abri,
à regarder passer les trains de nuit
tirant leurs wagons d'insomnies.

Il s'en faudrait de peu
pour que nos corps s'émeuvent
et se rejoignent
si ce n'était la guerre
qui vire à l'obsession
et nous désarme.

La peur tient le désir en laisse.
La léthargie
nous fait des coups fourrés
nous prend en traître.

Cela suffit,
je ne veux plus rien prendre
j'ouvre la main
et laisse couler les grains.

Les grains du temps.


Juin 2013







mercredi 30 janvier 2013

CAR LA NUIT


Car la nuit c’est la vie aussi bien que la mort.
Le mouchoir insatiable absorbe les pensées
Qui pleurent sous son aile ensanglantée.

L’oiseau nocturne a scellé ses paupières,
Cache sa tête sous le manteau,
Renie ce que lui dit son cœur.

Une femme s’éveille à demi
Et cherche de la main son complément absent.
Ses rêves désormais sont baignés de détresse
Car tout sommeil est un naufrage solitaire.

Les étoiles sont assiégées
Par des rêveurs insomniaques
Aux mains préhensiles à l’extrême.

Le chagrin se tapit sous le pas de la porte
Tuerait de son poids la première venue
Si elle ne portait, cachée sous sa blouse,
L’antidote de sa cruauté.

Le feu froid de ses yeux
Méduse ses amants.
La première venue
Nue
Fontaine de tourments.


Jo Hubert - Février 2009.

mardi 29 janvier 2013

Résurrection d'un blog

Aujourd'hui, après plus de deux ans de silence, j'ai décidé de faire revivre ce blog.

Bien des évènements se sont produits dans ma vie personnelle depuis ma dernière publication :

- en août 2010, la naissance de mon petit-fils, Théoden. Une grande joie, qui n'a fait que se confirmer depuis; 
- le lendemain, décès inattendu de mon beau-père, Marcel, le mari de ma mère;
- en octobre 2010, mon mariage avec Robert Varlez (encore une grande joie qui n'a fait que se confirmer depuis !);
- des maladies, des soucis, espoirs et désespoirs;
- en mai 2012, décès de mon père, âgé de 89 ans; il vivait en Allemagne, je ne le voyais que trois ou quatre fois par an; lors de ses funérailles, j'ai appris qu'il avait caché à son entourage mon existence et celle de mes enfants;
- en juillet 2012, décès de mon ex-mari, le père de mes enfants;
- en septembre 2012, naissance de ma petite-fille Yanna, une grande joie qui ne demande qu'à se confirmer encore et encore;
des maladies, des soucis, espoirs et désespoirs. Le vieillissement inéluctable. 

La revue ReMue a cessé de paraître à cause de dissensions entre Boris et moi.

L'animation des ateliers d'écriture s'est progressivement ralentie, puis s'est arrêtée à la suite de circonstances extérieures et fortuites. Je n'ai pas eu l'envie ni l'énergie de recommencer ailleurs. Quant aux stages de Floreffe, ils se sont éteints lorsque mon co-animateur s'est envolé et pour se poser dans un autre continent.

Robert et moi ne sommes cependant pas inactifs. Nous avons participé à plusieurs expositions collectives. Nous avons créé pour les artistes plasticiens et écrivains un groupe sur Facebook : ReMue et Lézards associés. Nous continuons à créer, à écrire et à nous révolter contre l'ultralibéralisme, le consumérisme, la com-pé-ti-ti-vi-té !

A bientôt.





vendredi 26 mars 2010

Stage de Floreffe


Comme un bonheur n'arrive jamais seul, en plus de l'expo que je partage avec Robert, j'ai le plaisir d'annoncer les prochains stages d'écriture que Jean-Marc Riquier et moi-même animerons à l'abbaye de Floreffe.

Innovation cette année : une session de 4 jours avec réalisation d'un livre d'artiste et une session de 3 jours d'écriture seule.

Pour tout renseignement, laisser un commentaire sur le blog.

Venez nombreux à notre expo !


Du 17 au 25 avril 2010, j'expose en tandem avec mon compagnon, Robert Varlez, au musée de Liberchies.

Robert montrera ses collages extraordinaires et j'accrocherai mes dernières peintures sur grilles de mots croisés et autres.

L'expo est ouverte les samedis et dimanches de 14 à 17 h et le mercredi 21 avril de 13 à 20 h.

Vernissage le vendredi 16 avril 2010 de 19 à 21 heures.

Le musée de Liberchies se trouve sur la place à côté de l'église. Accès facile par la A 54, sortie 21.

mardi 20 octobre 2009

Espace. Aspire.


I
Etre. Avoir. Avoir eu. Avoir été. Etre eu. Etre en été.

II
Je me complais dans les plaines du silence, dans la mutité de l’assouvissement. Je m’écartèle en mon milieu, prodigue de mon impudeur. A toi, je n’ai rien à cacher, tout à donner, rien à revendre dans l’antre humide de mon ventre. Pour toi, j’ai tapissé mes parois de satin, de soie ou de velours liquides. Pour toi, j’ai pressé le fruit de mon désir dont ta langue avisée recueille les saveurs acidulées, sucrées-salées.
Pour toi, j’ai fait la place qui m’a toujours manqué. J’ai gagné sur le temps l’espace disponible pour un meilleur été. J’ai volé au passé un peu de ma jeunesse et m’en suis maquillée pour ton plus grand plaisir.

III
Aspire. Concentriques, qu’ont cent triques qui traquent le gibier ? Aspire poils et fenaisons.
Aspire. Spiraliques, spiraliformes, spires d’églises pires, pyromanes vampires ou pirates d’Epire.
Aspire l’acarienne poussière dans tes poumons d’écume et meurs étouffée dans une boue accrue.
Aspire. Hypoténuse au mystère d’un arc à flèches désarquitulé, arquebuse céleste, manifeste calcul, radicelles ras-du-cul, radical ridicule, outrage libellule. Au revers d’une manche, l’emmanchure sanglante, manchons endimanchés d’un Mandchou député. Mongolie intérieure des émotions cachées et langue abâtardie sur le fil acéré des frontières rocheuses. Désorientation délibérée par l’érection servile de mémorables mémoriaux, pines dressées au nom de la patrie.
Aspire. Serpentins et serpenteaux, seins séparés par l’armature des amateurs d’art en factures, armateurs négociants d’armes à quadrature multiple, automatique, marc de café signalétique prophétiquement énoncé. Augures, tristes figures, figurez-vous que le futur est annoncé.

IV
Eclipse aventureuse sur le fil du couchant, couche odorante en dépit des fenêtres ouvertes. Porcelaine dans le miroir en phase avec l’étroit dédale des agonies, passages subreptices, souterrains délétères, parcourus mille fois sans une épiphanie.
Halètements besogneux sous la corde tendue, prête à se rompre et se corrompre dans la ruelle de ton lit où l’injustice règne en fête.
C’était juillet et la chaleur battait contre nos tempes moites. Je n’en pouvais plus d’être chaste, je transpirais, livrée aux forceps de l’ennui. Des pantins maladroits apparaissaient parfois derrière les amarres des péniches tranquilles, derrière les braquemarts, les pénis malhabiles, mais le moindre souffle quelque peu aviné les faisait s’effondrer sous leur poids. C’était à Kinkempois et les cloches sonnaient à l’église, à l’école, chacun étant prié de se joindre au troupeau. Pour un ni oui ni non, on était relégué au placard à balais tandis que les adultes somnolaient sur leurs cahiers mal équarris de devoir conjugal à refaire. Et le fanion hypertrophié du cercle catholique battait au vent, comme une galaxie à la dérive.